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Images et visuels19 août 2026 · 14 min de lecture

Image IA et droit d'auteur : ce que vous pouvez vendre et utiliser (guide 2026)

Image IA et droit d'auteur : ce que vous pouvez vendre et utiliser (guide 2026)

Vous venez de générer un visuel qui vous plaît. Une illustration d'article, une miniature, une ambiance pour une fiche produit. Puis la question arrive, souvent au pire moment, juste avant de publier ou d'envoyer une facture : image IA et droit d'auteur, ce fichier est-il vraiment à vous, et jusqu'où pouvez-vous vous en servir ?

Le sujet paraît opaque parce que deux questions très différentes se cachent derrière un seul mot. Avoir le droit d'exploiter une image n'est pas la même chose qu'en être l'auteur protégé. Cet article sépare les deux, nomme les textes et les autorités qui font foi, et donne la méthode que nous appliquons avant chaque publication, dans le prolongement de notre guide du générateur d'images IA. Une précision avant d'entrer dans le détail : ce texte est une synthèse d'information générale, pas un conseil juridique. Une situation particulière se traite avec un professionnel du droit de votre pays.

La réponse courte

Dans la très grande majorité des cas, vous pouvez publier, imprimer et vendre une image que vous avez générée, parce que c'est la licence de l'outil qui vous l'accorde. Ce que vous n'obtenez pas automatiquement, c'est un droit d'auteur opposable aux autres : plusieurs autorités estiment qu'une sortie produite par le seul jeu des consignes n'a pas d'auteur humain, donc rien à protéger. Trois interdits couvrent ensuite l'essentiel des litiges : pas de visage d'une personne identifiable sans son accord, pas de marque ni de personnage protégé, pas de reprise de la forme d'une œuvre existante. Une obligation récente s'y ajoute, la déclaration du caractère artificiel quand la plateforme ou la loi l'exige.

Deux questions à ne jamais confondre

La première question est contractuelle : ai-je le droit de me servir de cette image ? Elle se règle dans les conditions d'utilisation du service qui l'a produite, comme n'importe quelle licence de logiciel. La seconde est patrimoniale : puis-je interdire à un concurrent de reprendre exactement le même visuel ? Celle-là relève du droit d'auteur, et la réponse dépend de ce que vous avez apporté, pas de l'outil employé.

Comparaison entre le droit d'utiliser une image générée par IA, fixé par la licence, et le droit d'auteur sur l'image
La licence dit ce que vous pouvez faire. Le droit d'auteur dit ce que les autres ne peuvent pas faire.

Confondre les deux mène à des erreurs symétriques. Certains créateurs n'osent pas facturer un visuel qu'ils ont parfaitement le droit d'exploiter. D'autres livrent un logo généré en promettant une exclusivité qu'ils ne peuvent pas tenir. Gardez la distinction en tête à chaque projet : elle décide de ce que vous écrivez dans un devis autant que de ce que vous publiez.

Qui est l'auteur d'une image générée par une machine

Le point est tranché dans plusieurs pays, toujours dans le même sens. Le Bureau américain du droit d'auteur a publié le 29 janvier 2025 la deuxième partie de son rapport consacré au droit d'auteur et à l'intelligence artificielle, portant précisément sur ce qui peut être protégé. Sa conclusion tient en deux temps : une sortie obtenue par le seul jeu des consignes n'est pas protégeable, parce que celui qui décrit un résultat ne contrôle pas la façon dont la machine l'exécute ; en revanche, un apport humain identifiable l'est. La justice fédérale américaine avait suivi la même logique en mars 2025 dans l'affaire Thaler contre Perlmutter : une image produite de façon autonome par une machine, sans auteur humain, ne peut pas être enregistrée.

Deux décisions rendent le principe très concret pour un créateur de visuels. Dans le dossier de la bande dessinée Zarya of the Dawn, le même Bureau a décidé le 21 février 2023 que le texte et l'agencement des planches restaient protégés, mais pas les images sorties du générateur. En septembre 2023, sa commission de recours a refusé d'enregistrer le tableau Théâtre D'opéra Spatial, primé un an plus tôt dans un concours, malgré les centaines de consignes successives revendiquées par son auteur. La leçon est nette : le nombre d'essais ne crée aucune protection.

Échelle de l'apport humain sur une image générée par IA, de la simple consigne à la retouche qui devient protégeable
Le nombre de tentatives ne compte pas. Ce que vous ajoutez à l'image, oui.

En Europe, le raisonnement arrive au même endroit par un autre chemin. L'article L.112-1 du code de la propriété intellectuelle français protège les œuvres de l'esprit quels qu'en soient le genre et la forme d'expression, et la jurisprudence exige que l'œuvre porte l'empreinte de la personnalité de son auteur. La Cour de justice de l'Union européenne parle depuis son arrêt Infopaq de 2009 de création intellectuelle propre à son auteur, notion précisée en 2011 dans l'affaire Painer par celle de choix libres et créatifs. Une personnalité suppose une personne, des choix créatifs supposent quelqu'un pour les faire. Aucun texte européen n'est venu créer un droit d'auteur automatique sur les sorties d'une machine.

La conséquence pratique est plus encourageante qu'il n'y paraît. Plus vous mettez de vous dans l'image, plus elle devient défendable. Assembler plusieurs sorties en une composition, retoucher, ajouter vos propres éléments graphiques, intégrer le visuel dans une mise en page originale : chacun de ces gestes ajoute une couche humaine, et c'est cette couche que le droit protège. Depuis les instructions publiées par le Bureau américain du droit d'auteur le 16 mars 2023, une demande d'enregistrement doit d'ailleurs signaler la part générée par la machine et décrire l'apport de la personne.

La licence de votre outil, le document qui décide au quotidien

Le droit d'auteur répond à la question « puis-je empêcher un autre de reprendre mon image ? ». La licence de votre outil répond à celle qui vous occupe vraiment : « puis-je publier, imprimer, facturer ce fichier ? ». Ce sont les conditions d'utilisation du service qui la fixent, et elles varient beaucoup d'un fournisseur à l'autre. Le piège le plus fréquent tient en une ligne : beaucoup d'offres gratuites n'accordent qu'un usage personnel, l'exploitation commerciale n'arrivant qu'avec une formule payante. Lisez cette clause avant de facturer quoi que ce soit, et vérifiez sur la page des tarifs ce que couvre la formule que vous utilisez.

Notre règle est écrite à l'article 4 de nos conditions générales d'utilisation, et elle est courte : les contenus que vous générez, images comprises, vous appartiennent dans la limite des droits concédés par les fournisseurs de modèles, vous pouvez les exploiter commercialement, et EasyVids ne revendique aucune propriété sur vos créations. Nous ne gardons que les droits techniques nécessaires à l'hébergement et à l'affichage de vos fichiers dans le service. L'article 5 pose la contrepartie, tout aussi nette : produire des contenus portant atteinte aux droits de tiers est interdit, et l'interdiction vise le droit d'auteur comme le droit à l'image.

Quatre clauses méritent votre attention chez n'importe quel fournisseur, parce qu'elles décident de ce que vaut réellement votre visuel : la présence d'un filigrane sur les exports, l'autorisation explicite de l'usage commercial, la publication automatique de vos créations dans une galerie visible de tous, et la réutilisation de vos images pour entraîner de futurs modèles. Aucune de ces quatre clauses ne se devine depuis la page d'accueil d'un outil. Elles se lisent, une fois, avant le premier projet sérieux.

Ce que vous pouvez vendre, concrètement

La question revient sous mille formes : livrer un visuel à un client, imprimer sur un objet, illustrer une couverture, poser une image sur une fiche produit. Dans tous ces cas, ce qui compte est la licence, pas la protection. Vous vendez un service et un fichier, exactement comme un graphiste facture une composition réalisée dans un logiciel qu'il n'a pas écrit. La différence avec une commande classique tient à un point qu'il vaut mieux dire avant la signature : vous ne pouvez pas garantir à votre client une exclusivité que le droit ne vous donne pas.

Le terrain se durcit dès que l'image sort de chez vous pour entrer dans un catalogue. Les banques d'images appliquent des politiques opposées, et elles bougent souvent. Adobe Stock accepte les contenus produits par intelligence artificielle à condition qu'ils soient déclarés comme tels au dépôt, avec les autorisations nécessaires pour les personnes et les biens reconnaissables. Getty Images a annoncé dès septembre 2022 refuser les images générées dans sa bibliothèque. Shutterstock n'accepte pas les dépôts d'images générées par ses contributeurs et passe par son propre générateur. Consultez la page destinée aux contributeurs le jour où vous déposez, jamais le souvenir d'un article. Pour un visuel de boutique, la question se pose différemment, puisque l'image sert votre propre produit : notre méthode pour transformer une photo de produit en visuel de boutique reste le chemin le plus sûr.

Avant de publier ou de facturer, chaque image se range dans une des trois cases suivantes. Le classement prend dix secondes et évite la quasi totalité des ennuis.

Grille de décision pour publier, sécuriser ou écarter une image générée par IA selon les droits en jeu
Trois situations, trois décisions. Le doute se tranche toujours vers la régénération.

Le visage d'une personne réelle passe avant tout

C'est le point sur lequel les créateurs se font le plus surprendre, parce qu'il ne relève pas du droit d'auteur. En France, l'article 9 du code civil pose que chacun a droit au respect de sa vie privée, et la jurisprudence en tire le droit à l'image : diffuser l'image d'une personne identifiable suppose son accord. La loi du 21 mai 2024 sur la sécurisation et la régulation de l'espace numérique est allée plus loin. Elle a étendu l'article 226-8 du code pénal aux montages produits par un traitement algorithmique : diffuser ainsi l'image d'une personne, sans son consentement, devient un délit dès lors que le caractère artificiel n'est ni évident ni signalé. Le même texte a créé l'article 226-8-1, qui vise les montages à caractère sexuel.

Deux réflexes suffisent au quotidien. Ne demandez jamais le portrait d'une personne réelle nommée, célèbre ou non. Et quand un visage très réaliste sort d'un modèle sans que vous l'ayez cherché, regardez le deux fois avant de le mettre en publicité : la ressemblance fortuite existe, et c'est la personne qui se reconnaît qui décide de se plaindre. Pour les personnalités publiques, le sujet dépasse l'image fixe, et nous l'avons traité à part dans notre analyse des voix IA de célébrités.

Marques, logos et personnages protégés

Un logo est une marque déposée, un personnage de dessin animé est une œuvre, un objet au dessin caractéristique peut être protégé au titre des dessins et modèles. Les faire apparaître dans une image générée vous expose exactement comme si vous les aviez dessinés vous même. Le risque monte encore quand le visuel sert une communication commerciale, puisque le titulaire peut alors invoquer un usage dans la vie des affaires. Deux cas gênent sans être évidents : le mobilier de designer posé dans une scène d'intérieur, et les bâtiments récents dont l'architecte détient des droits. Générer un décor entièrement inventé coûte moins cher qu'un courrier d'avocat.

Le style d'un artiste : ce que le droit protège vraiment

Un principe ancien du droit d'auteur vous protège plus que vous ne le croyez : les idées, les techniques et les styles ne sont pas appropriables, seule la forme l'est. Demander une aquarelle lumineuse aux contours flous ne lèse personne. Nommer un artiste vivant dans votre consigne vous fait basculer de l'autre côté, pour deux raisons cumulées. Vous cherchez alors à reproduire une signature identifiable, et le nom propre pousse mécaniquement le modèle vers l'imitation d'œuvres précises, parfois jusqu'à recopier une composition entière.

La solution est plus simple qu'un débat juridique : décrivez le rendu au lieu de citer une personne. La lumière, la matière, la palette, l'angle, l'époque. Le résultat est souvent meilleur, parce que le modèle reçoit des indications utilisables au lieu d'un raccourci. Nos 21 exemples de prompts d'images en français sont écrits selon cette règle, sans un seul nom d'artiste.

Les procédures en cours visent les fabricants de modèles, pas leurs utilisateurs. Getty Images a engagé des actions contre Stability AI aux États-Unis et au Royaume-Uni à partir de janvier 2023, et un groupe d'artistes a lancé la même année une action collective américaine dont une partie des demandes a été jugée recevable en 2024. Aucune de ces affaires ne met en cause le créateur qui se sert de l'outil. Raison de plus pour rester net sur les deux points qui, eux, vous concernent directement : les visages et les marques.

Déclarer une image générée : l'Europe et les plateformes

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle, entré en vigueur le 1er août 2024, ajoute une obligation qui touche directement l'image de synthèse. Son article 50 impose aux fournisseurs de systèmes produisant du texte, du son, de l'image ou de la vidéo artificiels de marquer ces sorties dans un format lisible par machine, et à celui qui diffuse un contenu imitant une personne réelle d'informer le public de son caractère artificiel. Ces obligations de transparence s'appliquent depuis le 2 août 2026. La mention cesse donc d'être un choix éditorial pour devenir une case de plus dans la routine de publication.

Les plateformes n'ont pas attendu ce calendrier. Le centre d'aide de YouTube demande de signaler à la mise en ligne un contenu réaliste créé ou modifié par des outils de synthèse. TikTok exige un libellé sur les contenus réalistes générés et l'applique automatiquement lorsque des marqueurs d'origine accompagnent le fichier. Meta a annoncé en 2024 afficher une mention sur les contenus détectés comme générés à partir de leurs métadonnées. La ligne de partage est la même partout : une illustration manifestement dessinée passe sans mention, une scène qui pourrait passer pour une photographie doit être signalée.

La technique suit la règle. La norme C2PA, portée par la Coalition for Content Provenance and Authenticity, décrit un certificat de provenance attaché au fichier, et la norme IPTC prévoit un champ indiquant qu'un visuel provient d'un traitement algorithmique. Google indique de son côté marquer d'un filigrane invisible, nommé SynthID, les images produites par ses modèles. Ces marqueurs survivent mal aux recadrages et aux réexports successifs, mais leur présence suffit souvent à déclencher un libellé automatique. Le raisonnement rejoint celui que nous avons détaillé pour la musique générée et ses droits : quand vous diffusez sur plusieurs canaux, alignez vous sur le plus exigeant, jamais sur le plus permissif.

Le dossier de preuve : ce qu'il faut garder

Le jour où quelqu'un conteste votre image, ce n'est pas votre bonne foi qui parlera, c'est votre archive. Elle se constitue en quelques secondes par visuel, et elle sert autant à démontrer votre apport créatif qu'à prouver une date de création.

  • Le texte exact de vos consignes, avec la date de génération et le modèle utilisé.
  • Les versions intermédiaires : elles racontent le travail, une image finale ne raconte rien.
  • Le fichier de retouche, calques compris, qui matérialise noir sur blanc votre apport.
  • L'autorisation écrite de toute personne reconnaissable, obtenue avant la publication.
  • La formule souscrite au moment de la génération, puisque c'est elle qui fixe vos droits.
  • Pour une livraison client, un contrat qui nomme les usages, les supports et la durée.

Ce que fait EasyVids, et ce qu'il ne fait pas

Notre studio d'images produit vos visuels à partir d'une consigne, accepte jusqu'à cinq images de référence selon le modèle choisi pour tenir un style ou un personnage, et exporte sans filigrane. Vos images vous appartiennent, l'usage commercial est couvert par nos conditions, et le studio EasyVids réunit la génération des visuels, la voix off, la musique et le montage au même endroit.

Ce que nous ne faisons pas mérite d'être dit aussi clairement. Nous ne vérifions pas à votre place si un visage ressemble à quelqu'un, si un logo s'est glissé dans un décor ou si une consigne cite un artiste. Nous n'ajoutons pas non plus de certificat de provenance dans les fichiers exportés : le marquage, quand il existe, vient du fournisseur du modèle. La déclaration au moment de la mise en ligne reste votre geste, sur chaque plateforme.

Questions fréquentes

Une image générée par IA est-elle protégée par le droit d'auteur ?

La sortie brute, presque jamais. Plusieurs autorités, dont le Bureau américain du droit d'auteur dans son rapport du 29 janvier 2025, considèrent qu'une image obtenue par la seule consigne n'a pas d'auteur humain. Votre apport, lui, est protégeable : un montage, une retouche, une mise en page, une sélection ordonnée. C'est cette couche que vous pouvez défendre, pas le fichier sorti du modèle.

Puis-je vendre une image IA sur une boutique en ligne ?

Oui, dès lors que la licence de l'outil couvre l'usage commercial, ce qui est notre cas. Vérifiez trois choses avant la mise en vente : aucun visage identifiable sans accord, aucune marque ni personnage protégé dans l'image, et les règles propres à la place de marché, certaines exigeant une déclaration des visuels générés.

Ai-je le droit de générer une image dans le style d'un artiste connu ?

Le style en lui même n'est pas protégé, la forme d'une œuvre l'est. En pratique, nommer un artiste vivant dans une consigne reste un mauvais calcul : le modèle glisse vers l'imitation d'œuvres précises, et le résultat devient difficile à défendre. Décrivez le rendu recherché plutôt que la personne, vous obtiendrez une image plus originale et sans zone grise.

Faut-il indiquer qu'une image a été générée par intelligence artificielle ?

Oui dès qu'elle est réaliste au point de passer pour une photographie, et oui quand la plateforme le demande. Les obligations de transparence du règlement européen sur l'intelligence artificielle s'appliquent depuis le 2 août 2026, et YouTube, TikTok et Meta imposent déjà un libellé sur les contenus réalistes. Une illustration manifestement dessinée n'appelle pas de mention particulière.

Que risque un client à qui je livre des visuels générés ?

Le vrai risque n'est pas l'usage, il est l'exclusivité promise. Un visuel généré peut être utilisé, imprimé et diffusé, mais vous ne pouvez pas garantir qu'un concurrent n'obtiendra jamais une image proche. Écrivez le dans le contrat, et proposez une retouche ou une composition personnalisée quand le client veut une identité visuelle vraiment tenue.

Le droit d'auteur n'est pas le mur que l'on imagine devant une image générée. Il devient une méthode : une licence lue une fois, deux interdits tenus à chaque visuel, une déclaration au moment de publier, une archive nourrie au fil de l'eau. Le reste de votre énergie repart là où elle sert vraiment, dans la qualité de l'image elle même. Pour générer vos visuels dans ces conditions, la création d'un compte ouvre le studio complet, sans carte bancaire.

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