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Ebooks8 septembre 2026 · 12 min de lecture

Mise en page d'un ebook : les règles pro (polices, marges, images) et comment l'automatiser

Mise en page d'un ebook : les règles pro (polices, marges, images) et comment l'automatiser

Votre texte est écrit, relu, prêt à partir. Vous l'exportez, vous l'ouvrez, et le fichier ressemble à un devoir rendu : une seule police, des lignes qui traversent toute la largeur, des chapitres qui démarrent au milieu d'une page. La mise en page d'un ebook n'est pas une décoration ajoutée à la fin. Elle décide si votre lecteur s'installe ou s'il referme le fichier au bout de deux écrans.

Les règles qui font un livre composé sont peu nombreuses, anciennes, et elles se vérifient à l'oeil nu. Elles viennent de l'imprimerie, elles valent pour un guide offert comme pour un ouvrage vendu, et aucune ne demande une école de graphisme. Cet article les reprend une par une, puis montre comment les faire appliquer automatiquement à chaque nouveau livre. Si le manuscrit n'est pas encore écrit, notre guide complet pour créer un ebook avec l'IA couvre l'étape d'avant, du sujet au texte relu. Et si votre matière première dort dans des enregistrements, une conférence, un entretien ou des notes vocales, commencez par convertir cet audio en texte fidèle : vous aurez un manuscrit à composer avant de vous soucier des marges.

Mise en page d'un ebook : la réponse courte

Deux polices au maximum, une pour les titres et une pour le texte. Un corps confortable, autour de 11 à 13 points une fois imprimé, avec un interlignage d'environ une fois et demie. Une ligne de 60 à 75 signes, obtenue en limitant la largeur du bloc de texte. Des marges franches, plus larges côté reliure si le livre part à l'impression. Un chapitre par page neuve. Des images calées sur la largeur du texte, jamais coupées entre deux pages. Un sommaire cliquable en tête. Le reste tient dans une poignée de finitions que la suite passe en revue.

Ce que votre lecteur juge avant d'avoir lu une ligne

Ouvrez un livre au hasard et regardez une double page de loin, sans lire. Vous voyez une texture : un gris régulier, coupé par des blancs. Cette texture se lit en une seconde et déclenche un verdict. Un texte trop dense donne une impression d'effort. Un texte trop espacé sonne creux, et le lecteur soupçonne le remplissage. Entre les deux, la page respire et l'oeil accepte de commencer.

L'enjeu grandit dès que le livre se vend. Un acheteur qui ouvre un fichier composé à la va-vite ne se dit pas que la maquette est ratée. Il se demande ce que vaut le contenu. Une page soignée, elle, achète quelques minutes d'attention, le temps que votre premier chapitre fasse son travail. Le même texte, dans deux habillages différents, ne reçoit pas le même crédit.

L'anatomie d'une page : cinq zones à régler

Une page de livre se décompose en zones qui ont chacune leur règle. Les régler dans l'ordre évite de bricoler à la fin, quand le texte est déjà coulé et que chaque correction en déplace une autre.

Anatomie d'une page d'ebook : marges, titre de chapitre, bloc de texte, image pleine largeur, folio et titre courant
Chaque zone se règle une fois, pour tout le livre, jamais page par page.

Retenez la hiérarchie : les marges commandent la largeur du bloc de texte, cette largeur commande la longueur des lignes, et la longueur des lignes commande le confort de lecture. Un réglage pris à l'envers, par exemple agrandir la police sans réduire la largeur du bloc, produit une page qui fatigue au bout de trois paragraphes.

Les polices : deux familles, pas davantage

Une paire suffit : une police de titre qui a du caractère, une police de texte discrète et éprouvée pour la lecture longue. Un empattement classique se lit très bien en continu, une linéale bien dessinée aussi. Ce qui casse un livre, c'est la troisième police invitée pour les encadrés, puis la quatrième pour les citations. Fixez la paire une fois, appliquez-la partout, y compris dans le sommaire et sur la couverture.

Deux pièges techniques attendent au moment d'exporter. Une police n'apparaît chez votre lecteur que si elle est incorporée au fichier PDF : sans cela, le logiciel de lecture la remplace, et toute la composition bouge. Ensuite, une police de fantaisie récupérée en ligne n'est pas toujours autorisée pour un usage commercial, ce qui devient un vrai sujet dès que le livre se vend. Une paire typographique fournie par l'outil qui compose votre livre écarte ces deux problèmes.

Corps du texte, interlignage et longueur de ligne

Trois réglages qui n'en font qu'un. Le corps se mesure en points à l'impression, et un livre courant vit entre 11 et 13 points. L'interlignage, autrement dit l'espace entre deux lignes, se règle autour d'une fois et demie la taille du corps : en dessous, les lignes se collent ; au dessus, elles se détachent et le paragraphe se disloque. À l'écran, le même livre gagne à être un peu plus grand et un peu plus aéré.

La longueur de ligne compte encore davantage. Les typographes visent 60 à 75 signes, espaces comprises, parce que l'oeil doit retrouver le début de la ligne suivante sans effort. Sur une page A4, un texte qui court d'une marge à l'autre dépasse largement ce seuil, d'où le bloc centré et limité en largeur que l'on retrouve dans tous les livres imprimés. Ces réglages font aussi varier le nombre de pages final, et notre fiche sur la longueur utile d'un ebook explique pourquoi la page reste une unité de mesure trompeuse.

Les marges : l'écran pardonne, le papier non

À l'écran, une marge un peu juste passe inaperçue. À l'impression, elle ruine le livre : le texte plonge dans la pliure, ou se fait rogner au massicot. Un ouvrage broché demande donc une marge intérieure plus large que l'extérieure. D'après le centre d'aide de Kindle Direct Publishing, cette marge intérieure minimale augmente avec le nombre de pages, puisqu'un livre épais s'ouvre moins à plat, et toute image qui touche le bord doit être fournie avec un fond perdu.

Pour une lecture à l'écran, visez le confort plutôt que la norme : des marges généreuses, un bloc de texte centré, un fond blanc. La couleur pleine page fait bel effet sur un site, elle fatigue en lecture continue et alourdit le tirage si quelqu'un imprime le fichier. Gardez la couleur pour la couverture, les titres et les encadrés.

Réglages de mise en page d'un ebook comparés pour la lecture à l'écran et pour l'impression papier
Le même livre demande deux jeux de réglages selon sa destination.

Les chapitres : une page neuve, un rythme constant

Chaque chapitre commence en haut d'une page vierge. Cette règle donne à elle seule l'allure d'un livre : elle crée une respiration et annonce une nouvelle unité. Le titre garde la même police, la même taille et la même position d'un chapitre à l'autre. Une numérotation visible, chiffre ou pastille, aide le lecteur à se situer dans l'ouvrage.

Le titre courant et le folio, c'est-à-dire le rappel du chapitre et le numéro de page, appartiennent au livre paginé. Une page web n'a pas de pages, donc pas de folio, et le sommaire cliquable joue ce rôle. Dans un PDF, en revanche, les numéros de page du sommaire se calculent à la composition et ne se tapent jamais à la main : ils changent au moindre paragraphe ajouté.

Les images dans le texte : largeur, place et résolution

Une illustration se cale sur la largeur du bloc de texte, ou occupe la page entière. Les tailles intermédiaires, différentes à chaque chapitre, donnent l'impression d'un collage. Une image ne se coupe jamais entre deux pages et ne s'entasse jamais avec une voisine : le texte doit reprendre entre deux visuels. Le choix des emplacements se prépare pendant l'écriture, et notre guide de l'ebook illustré détaille combien d'images prévoir par chapitre et où les poser.

La résolution est le point où beaucoup de livres échouent au dernier moment. Une image parfaite à l'écran devient floue une fois imprimée, parce que le papier demande beaucoup plus de points par pouce que l'affichage. Le centre d'aide de Kindle Direct Publishing recommande 300 points par pouce pour l'intérieur d'un livre broché. Contrôlez cette valeur avant de composer, pas après avoir reçu l'épreuve.

Les finitions qui séparent un document d'un livre

Passé les grands réglages, une poignée de détails font l'essentiel de l'effet. Ils prennent quelques minutes et se voient immédiatement, y compris par un lecteur qui ne saurait pas les nommer.

  • La lettrine, cette grande capitale qui ouvre un chapitre, marque le début du texte et signale un ouvrage composé.
  • Les veuves et les orphelines : une ligne restée seule en haut ou en bas d'une page se chasse en retouchant le texte, jamais en tassant la page.
  • La justification aligne les deux bords du bloc et donne un rectangle propre, à condition de surveiller les rivières de blanc qui apparaissent entre les mots.
  • La césure, ces mots coupés par un trait d'union en fin de ligne, gêne la lecture dans un livre grand public : désactivez-la.
  • Les espaces insécables avant les deux points, le point-virgule, le point d'interrogation et le point d'exclamation, ainsi qu'à l'intérieur des guillemets français, suivent l'usage rappelé par le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale.
  • Les encadrés détachent un conseil ou un rappel du fil principal, avec un filet ou un fond léger, jamais avec une police supplémentaire.
Comparaison entre un ebook exporté sans mise en page et un livre composé selon les règles typographiques
Le même manuscrit, avant et après les réglages de composition.

L'ordre des pages, de la couverture au mot de fin

Un livre suit un ordre attendu, et s'en écarter donne aussitôt un air d'amateur. La couverture occupe la première page, en pleine page, sans marge. Vient la page des droits, avec la mention de copyright, l'année et votre signature d'auteur. Le sommaire suit, puis l'introduction, les chapitres, et une page finale qui referme l'ouvrage au lieu de le laisser s'arrêter net.

La couverture obéit à des règles propres. Le titre y est court et lisible en vignette, puisque c'est à cette taille qu'un acheteur le verra sur une boutique. Le sous-titre porte la promesse. Une image de fond pleine page, assombrie sous le texte, garantit que le titre reste lisible quelle que soit la photo. Composez la couverture en dernier, quand le titre définitif est arrêté.

Automatiser la mise en page plutôt que la refaire à chaque livre

Rien de ce qui précède ne mérite d'être repris à la main pour chaque ouvrage. Ces règles sont des constantes : elles s'écrivent une fois dans une feuille de style et s'appliquent seules à tous les chapitres. C'est le principe retenu par le générateur d'ebooks du studio EasyVids, où le livre sort sous forme de page web autonome, composée d'après un habillage choisi en fonction du sujet.

Six habillages existent, chacun avec sa paire typographique et sa palette : chaleureux, premium sombre, pastel, noir et or, nature, éditorial. Le fond des pages reste blanc par défaut, parce qu'un livre se lit et s'imprime sur du blanc, et la couverture garde son habillage dans tous les cas. La composition vise la page A4, chaque chapitre ouvre une page neuve, le texte est justifié sans césure, les espaces insécables du français sont posées automatiquement, et le sommaire porte les numéros de page réels une fois le PDF composé côté serveur.

Deux limites méritent d'être dites franchement. La maquette vise le format A4 : un broché dans un autre format d'impression demande une recomposition. Et le livre est livré en page web et en PDF, pas en fichier EPUB adaptatif. Ce que chaque offre inclut se lit sur la page des tarifs, qui reste la seule source à jour sur ce point.

Cinq erreurs qui trahissent un fichier bricolé

  • Changer de police ou de taille de titre en cours de livre, souvent parce qu'un chapitre a été rédigé un autre jour.
  • Laisser le texte courir d'une marge à l'autre sur une page A4 : la ligne devient trop longue et la lecture décroche.
  • Ouvrir un chapitre en bas de page, à trois lignes de la fin.
  • Insérer des images à des tailles différentes, alignées à gauche, puis au centre, puis à droite.
  • Oublier la page des droits et le sommaire, les deux pages qui signalent un ouvrage fini plutôt qu'un document exporté.

La relecture de maquette, à faire sur le fichier final

Composez, exportez, puis parcourez le PDF page à page sans lire le texte. Vous cherchez des accidents visuels : une image coupée, un titre seul en bas de page, une ligne isolée, un blanc anormal, une entrée de sommaire qui pointe au mauvais endroit. Lisez ensuite les trois premières pages sur un téléphone, puisqu'une bonne part de vos lecteurs ouvrira le fichier ainsi. Si le livre part aussi à l'impression, nos repères sur la publication d'un livre écrit avec l'IA sur Amazon KDP rappellent ce que la plateforme attend au dépôt.

Questions fréquentes

Quelle police choisir pour la mise en page d'un ebook ?

Une police de texte conçue pour la lecture longue, avec ou sans empattements, et une police de titre plus affirmée. Le nom compte moins que la constance : la même paire du début à la fin, et une police incorporée au PDF pour qu'elle s'affiche à l'identique chez tous vos lecteurs.

Quelles marges prévoir pour un ebook destiné à l'impression ?

Une marge extérieure confortable et une marge intérieure plus large, côté reliure. D'après le centre d'aide de Kindle Direct Publishing, cette marge intérieure dépend du nombre de pages : plus le livre est épais, plus elle doit être généreuse. Vérifiez la valeur exacte demandée par votre imprimeur avant de composer, pas après.

Faut-il justifier le texte d'un ebook ?

Oui pour un livre de lecture continue, en désactivant la césure afin d'éviter les mots coupés en fin de ligne. Non pour un document très court, très illustré ou lu surtout sur mobile, où un texte aligné à gauche reste plus régulier. Dans tous les cas, tenez le même choix du premier au dernier chapitre.

PDF ou page web : quel format conserve la mise en page ?

Le PDF fige la composition : tout le monde voit exactement les mêmes pages, ce qui en fait le format d'un livre vendu ou imprimé. Une page web s'adapte à l'écran et se lit mieux sur téléphone, mais ses pages n'existent pas comme telles. Livrer les deux couvre les deux usages sans compromis.

Peut-on mettre en page un ebook sans logiciel de PAO ?

Oui. Une feuille de style bien écrite applique les mêmes règles qu'un logiciel de mise en page, et un moteur de composition transforme ensuite le document en PDF paginé. C'est ainsi que fonctionne la génération d'ebooks d'EasyVids : vous ne touchez ni aux polices ni aux marges, elles sont réglées une fois pour toutes.

La mise en page ne s'improvise pas à la dernière minute, elle se décide avant la première ligne : une paire de polices, une largeur de bloc, des marges, un chapitre par page. Réglez ces quatre points et votre fichier ressemble déjà à un livre. Pour laisser ces règles s'appliquer seules à votre prochain ouvrage, créez votre compte sur EasyVids et lancez la génération : le texte, les illustrations et la composition arrivent ensemble.

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