Vous avez une histoire en tête. Pas un clip de dix secondes, pas une publicité : une vraie fiction, avec un personnage, un problème et une fin qui laisse quelque chose. Un court métrage IA rend ce projet possible sans équipe, sans caméra et sans jour de tournage, mais il ne se fabrique pas comme une vidéo de réseau social. Le film se gagne ailleurs : dans l'écriture, dans le découpage, et dans la discipline avec laquelle vous tenez votre direction artistique jusqu'au dernier plan.
La difficulté n'est plus technique. Générer un beau plan isolé est devenu facile. Enchaîner quarante plans qui semblent appartenir au même film, avec le même visage, la même lumière et le même rythme, voilà le vrai travail. Ce guide suit l'ordre réel de fabrication : l'histoire, le découpage en plans, la cohérence visuelle, les personnages récurrents, le son, puis le montage. Chaque étape contient les pièges qui coûtent le plus de temps.
La réponse courte
Un court métrage IA se fabrique en six temps : vous écrivez une histoire courte, vous la découpez en segments dont chacun devient une scène, un plan de production est établi (univers, personnages, décors, enchaînement du récit), chaque scène est générée en image puis animée, la voix et le son sont posés, et le montage cale chaque plan sur sa parole. Le point de bascule est le troisième. Sans document de référence qui fixe les personnages et le style, vous obtenez une suite de jolis plans qui ne racontent rien ensemble. Le principe général de cette chaîne est détaillé dans notre guide du générateur vidéo.
Un court métrage n'est pas un long clip
Une vidéo sociale vit d'accroche et de rythme. Un court métrage vit de tension : le spectateur doit vouloir savoir ce qui arrive ensuite, pendant plusieurs minutes, sans promesse rassurante. Cela change trois choses. Votre première phrase ne vend rien, elle installe une situation. Votre milieu n'explique jamais, il complique. Et votre fin ne résume pas, elle referme.
Cela change aussi la façon dont vous outillez la production. Un clip se génère d'un bloc. Un film se construit par pièces, avec un endroit où retrouver chaque plan, le corriger, le régénérer seul et remonter l'ensemble sans tout refaire. C'est exactement l'organisation d'un studio de création par intelligence artificielle : un projet, des scènes numérotées, et chaque scène modifiable sans toucher aux autres.
Écrire une histoire qui tient en quelques minutes
Écrivez pour l'oreille, pas pour l'œil. Le texte que vous produisez ici n'est pas un scénario technique avec en-têtes de séquence et indications de caméra : c'est le récit qui sera dit, phrase après phrase, pendant que les images défilent. Chaque phrase deviendra un plan. La contrainte paraît brutale, elle est en réalité votre meilleur outil de rythme, parce qu'elle interdit les paragraphes qui traînent et les explications que personne n'écoute.
Il faut donc connaître la conversion entre texte et durée. Sur nos productions en français, environ cent dix caractères de voix off durent six secondes : c'est la cible de découpage par défaut du studio, réglable sur six, huit ou dix secondes selon le rythme voulu. Faites le calcul à l'envers avant d'écrire. Un film de trois minutes tient dans une trentaine de scènes courtes. Vous savez alors combien de phrases vous avez le droit d'écrire, et vous cessez de rêver un film de vingt minutes que vous n'aurez jamais la patience de finir.
- Situation : qui, où, et ce qui est normal dans ce monde. Deux ou trois plans suffisent.
- Déclencheur : l'élément qui casse la normalité. Il doit tomber avant la fin du premier tiers.
- Obstacle : la partie la plus longue, celle où votre personnage essaie et échoue.
- Bascule : la décision ou la découverte qui rend la fin inévitable.
- Chute : la dernière image, tenue une seconde de plus que le confort ne l'exige.

Le découpage en plans : une ligne, une scène
Le studio applique une règle simple et lisible : une ligne de votre script est un segment, et chaque segment devient une scène. Vous voyez donc votre film comme une liste avant de voir la moindre image, et c'est le meilleur moment pour repérer les faiblesses. Une scène qui n'apporte rien saute ici, gratuitement, avant même d'avoir été produite. Ce passage d'un texte écrit à une suite de plans racontés n'a rien de propre à la fiction, et notre méthode pour transformer un texte en vidéo racontée en donne la version la plus simple, sans personnages ni décors à tenir d'un plan à l'autre.
Le texte de chaque segment part ensuite intact vers la production : la voix off d'une scène est la copie exacte de son segment, jamais une reformulation. Ce détail évite la dérive classique où le film raconte finalement autre chose que le script relu et validé. Le format se choisit au départ du projet, en large, en vertical ou en carré, et il s'applique à toutes les images comme à toutes les vidéos du film. Si vous hésitez sur ce choix, notre guide des formats vidéo par plateforme rappelle le ratio et la durée qu'attend chaque réseau de diffusion.
- Une idée par scène. Quand un plan porte deux informations, la seconde n'est pas entendue.
- Aucune phrase qui dépasse la durée cible : coupez à la virgule plutôt que de presser la voix.
- Un titre isolé sur sa ligne reste un plan à part, jamais fondu avec la phrase suivante.
- Alternez les valeurs : plan large, plan moyen, gros plan, sinon le film devient plat au bout d'une minute.
- Prévoyez des plans sans parole. Le silence est un outil de récit, pas un trou à combler.
- Numérotez vos scènes dès l'écriture : c'est ce numéro qui vous servira à corriger plus tard.
La direction artistique doit tenir du premier au dernier plan
C'est ici que la plupart des projets échouent. Chaque plan est généré séparément : sans référence commune, la lumière change, les couleurs glissent, le décor n'a plus la même architecture au retour. La parade porte un nom dans la production classique, la bible, et elle existe aussi dans une chaîne automatisée. Avant de produire la moindre scène, le studio établit ce document de référence : l'époque, le style, la palette, les personnages avec leur portrait, les décors, et les phases du récit.

Ce document n'est pas un texte décoratif. Les personnages et les décors qu'il décrit sont d'abord fabriqués en images, et ce sont ces images qui repartent ensuite à chaque scène qui les appelle. Un point de contrôle est prévu à cet endroit précis : vous validez les visages et les lieux avant que le film entier ne soit lancé. Prenez ce temps. Corriger un personnage à cet instant coûte une image, le corriger après coûte le film.
Les personnages récurrents, le vrai test
Répéter une description dans chaque consigne ne donne jamais la même personne, seulement un cousin qui lui ressemble. Ce qui tient un personnage, c'est son image de référence, renvoyée au générateur à chaque plan où il apparaît, accompagnée d'une instruction explicite de conserver le visage, la coiffure et la tenue. Le studio attribue à chaque personnage un identifiant stable, et chaque scène déclare les identifiants dont elle a besoin. La cohérence devient alors une propriété du plan, pas un espoir.
Une limite pratique mérite d'être connue : une scène ne peut pas s'appuyer sur un nombre illimité de références. Quand un plan réunit trop de monde, la solution consiste à préparer une image de groupe qui rassemble deux ou trois références en une seule, puis à la citer comme une référence unique. Vos scènes à trois personnages deviennent alors aussi stables que vos plans solitaires, ce qui compte beaucoup dans une fiction où les gens se parlent.
Le son : voix, dialogues et silence
Le son décide de la crédibilité plus sûrement que l'image, et il se règle au niveau du projet. Deux traitements des dialogues existent, et ils ne racontent pas la même chose. Le premier fait parler les personnages à l'écran, leur réplique étant portée par le plan lui-même. Le second garde tout le monde muet et confie le récit à une narration. Le premier convient à une fiction dialoguée, le second à un conte ou à un récit intérieur. Choisissez avant de générer, car ce choix se voit sur chaque plan. Les principes d'une narration qui ne sonne pas artificielle sont détaillés dans notre guide de la voix off naturelle.
L'ambiance sonore se traite séparément de la musique, et c'est volontaire. Le studio pose par défaut une voix off et un habillage discret, sans musique de fond imposée : la pluie sur une vitre, une porte, une rue lointaine. La musique arrive après, quand le montage existe, parce qu'une nappe posée trop tôt masque les défauts de rythme au lieu de les révéler. Un morceau original peut ensuite être composé à part, sur l'intention de votre choix, puis déposé sous le film fini. Un film porté par la musique plutôt que par la parole obéit d'ailleurs à d'autres règles de montage, que nous avons réunies dans notre guide du diaporama photo en musique.
Le montage, là où le film existe vraiment
Un plan généré ne dure presque jamais exactement le temps de sa réplique. Le montage sert à résoudre ce décalage, plan par plan, et plusieurs comportements sont proposés pour chaque scène. Le plus utile en fiction consiste à caler le plan sur la voix : si la vidéo est plus courte, elle est ralentie jusqu'à couvrir la parole, si elle est plus longue, elle est coupée à la fin de la phrase. D'autres modes laissent la vidéo jouer entièrement, ou la bouclent tant que la voix continue.

- Un mouvement lent sur les plans fixes : un léger zoom ou un panoramique évite l'effet diaporama.
- Des transitions choisies par style : un fondu doux pour un conte, une coupe sèche pour une histoire tendue.
- Un étalonnage commun à tout le film : chaleur dorée, cinéma sombre, noir et blanc, grain argentique.
- Des sous-titres écrits depuis la bande son puis relus : une part de votre public regarde sans le son.
- Un ordre de scènes révisable jusqu'au bout : déplacer un plan coûte moins cher que le régénérer.
- Un export final unique, une fois seulement que la fin vous semble tenir debout.
Gardez une règle de discipline pendant cette phase : ne changez qu'une chose à la fois entre deux exports. Un film raté est presque toujours un film où l'auteur a modifié le rythme, l'étalonnage et deux plans dans la même passe, avant de constater que le résultat lui plaît moins sans savoir pourquoi.
Durée, format et déclaration avant publication
La durée n'est pas seulement une question artistique, elle est aussi administrative. L'Académie des Oscars définit un court métrage comme un film dont la durée n'excède pas quarante minutes, génériques compris, dans ses règles officielles. C'est un plafond, pas un objectif. Pour une première œuvre, visez beaucoup plus court : un film de trois à cinq minutes se regarde en entier, et un film regardé en entier vaut mieux qu'un film ambitieux abandonné au milieu. Beaucoup d'auteurs se font même la main sur une pièce de quelques dizaines de secondes destinée à un usage précis, une invitation animée envoyée à des proches par exemple : le découpage y obéit aux mêmes règles, avec un risque d'abandon bien plus faible.
Le format de publication a aussi ses règles. Sur YouTube, toute vidéo carrée ou verticale de trois minutes ou moins est classée comme Short, d'après la documentation officielle. Si vous voulez que votre film soit traité comme une œuvre et non comme un contenu de flux, gardez un format large. Vérifiez ce point avant de générer, parce que le format se décide au premier plan et non au moment de la mise en ligne. Rien n'empêche en revanche d'en tirer une version verticale courte pour annoncer le film : une réplique forte tenue à l'écran sur un plan du récit suffit, et notre méthode pour les vidéos de citations donne les règles de lisibilité de ce type de plan.
Reste la déclaration. YouTube demande de signaler tout contenu réaliste généré ou modifié par une intelligence artificielle au moment de la mise en ligne, et sa documentation précise que les contenus manifestement irréalistes, une animation stylisée par exemple, n'ont pas à l'être. Un conte animé ne pose donc aucune difficulté, une fiction filmée comme une prise de vue réelle doit être déclarée. Cochez la case : l'omission peut coûter le retrait de la vidéo. Nos réponses aux questions d'usage sont regroupées dans la foire aux questions.
Ce qu'il faut accepter avant de commencer
Un guide honnête énonce ce qui ne se fait pas encore facilement. Ces limites ne condamnent pas le projet, elles orientent l'écriture : un auteur averti écrit des scènes que la machine sait produire, et confie le reste au montage.
- Les plans restent courts. Un plan séquence de deux minutes ne s'obtient pas, il se compose.
- La ressemblance d'un personnage se demande, elle ne se garantit pas : une relecture humaine reste nécessaire.
- Le texte incrusté dans une image générée se déforme vite : écrivez vos cartons au montage.
- Les actions rapides et les mains qui manipulent un objet restent les plans les plus fragiles.
- Certains sujets sont refusés par les filtres de sécurité, notamment ceux qui évoquent des personnalités connues.
- Le premier jet d'un film n'est jamais le bon : prévoyez des passes de correction dans votre calendrier.
Le coût, enfin, se raisonne à la scène et non au film, puisque chaque élément produit est facturé à l'unité. Un court métrage se chiffre donc à partir du nombre de scènes que vous avez écrites, ce qui rend le découpage aussi budgétaire qu'artistique : une scène supprimée à l'écriture est une scène qui ne sera jamais produite. Le détail des formules est sur la page des tarifs, et l'estimation de votre projet s'affiche avant le lancement, à confirmer ou à annuler.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour réaliser un court métrage IA ?
Comptez une journée de travail répartie pour un premier film de quelques minutes, dont la plus grande part va à l'écriture et à la relecture. La génération, elle, se lance et se poursuit côté serveur : vous pouvez fermer la page et revenir voir l'avancement plus tard. Ce sont les allers-retours de correction, pas la machine, qui déterminent votre calendrier.
Quelle durée viser pour un premier court métrage IA ?
Trois minutes environ, soit une trentaine de scènes courtes. C'est assez long pour installer un personnage et un retournement, assez court pour être terminé. Vous allongerez au film suivant, quand votre méthode de découpage sera rodée et que vous saurez où votre attention se relâche.
Comment garder le même personnage du début à la fin ?
En travaillant à partir d'une image de référence stable, réutilisée à chaque plan où le personnage apparaît, plutôt qu'en recopiant sa description dans chaque consigne. Validez les portraits avant de lancer le film entier, et évitez les écarts brutaux de lumière entre deux scènes voisines : plus l'écart est grand, plus la dérive se voit.
Faut-il savoir écrire un scénario ?
Non, mais il faut savoir raconter. Le studio peut développer une histoire à partir d'une idée d'une phrase, puis la découper en scènes pour vous. La part qui reste humaine est le jugement : décider si une scène sert le film, si la fin tombe juste, si une réplique sonne faux. Aucun outil ne le fera à votre place, et c'est précisément ce qui distinguera votre film des autres.
Un court métrage IA peut-il être présenté en festival ?
Cela dépend du règlement de chaque festival, et le sujet évolue vite. Certaines sélections accueillent explicitement les œuvres génératives, d'autres réclament une déclaration détaillée des outils employés, d'autres les excluent. Lisez le règlement avant d'inscrire votre film, et gardez la trace de votre processus de fabrication : c'est la première chose qu'un comité vous demandera si la question se pose.
Un court métrage IA ne se gagne pas au moment de la génération, il se gagne à l'écriture et à la relecture. Écrivez votre histoire en phrases dites à voix haute, découpez-la en scènes courtes, fixez vos personnages avant de produire, laissez le silence exister, et ne montez qu'une fois que la fin vous convainc. Le studio EasyVids réunit l'écriture, la génération, le son et le montage au même endroit, et la création d'un compte vous permet de lancer votre première scène aujourd'hui.
