Un plan s'ouvre, quelqu'un parle avec assurance, et le spectateur ne sait toujours pas qui c'est. Il attend quelques secondes, cherche un indice, puis passe à autre chose. Le lower third sert exactement à éviter cette perte : un bandeau posé dans le bas de l'image, qui donne un nom, une fonction, un lieu ou une idée, puis disparaît. C'est la plus petite pièce de l'habillage vidéo, et l'une des rares dont l'absence se remarque davantage que la présence.
La difficulté n'est presque jamais technique. Poser un rectangle et deux lignes de texte prend deux minutes dans n'importe quel éditeur. Ce qui se rate, c'est le contenu du bandeau, sa position exacte et le temps qu'on le laisse à l'écran. Ce guide reprend la définition, l'anatomie en six pièces, sept modèles réutilisables, les repères de placement hérités de la télévision et le minutage qui rend un bandeau lisible. Pour le cadre général de l'habillage animé, notre guide du motion design pose les principes ; ici, le travail descend au niveau du bandeau.
La réponse courte
Un lower third est un bloc de texte incrusté dans le tiers inférieur de l'image, qui identifie une personne, un lieu ou une idée pendant quelques secondes. Sa forme standard tient en deux lignes : une ligne de nom en gras, et une ligne de fonction plus petite en dessous. Il entre en moins d'une demi-seconde, reste immobile le temps d'être lu deux fois, soit environ quatre secondes, puis sort plus vite qu'il n'est arrivé. Tout le reste, couleurs, barre d'accent, logo, animation, relève de votre marque et non de la règle.
D'où vient le nom, et pourquoi il a survécu au format vertical
Le nom décrit littéralement la zone occupée : le tiers bas du cadre. Il vient de la production télévisée, où les régies ont longtemps identifié invités et reporters à l'aide de générateurs de caractères. Dans les rédactions nord-américaines, le mot chyron s'est même substitué au terme générique, du nom de la société Chyron dont les machines équipaient les studios. En français de plateau, on parle plutôt de synthé. La technique a changé plusieurs fois, la fonction jamais : dire qui parle sans interrompre ce qui se dit.
On aurait pu croire que le format vertical enterrerait l'idée. C'est l'inverse qui s'est produit. Sur un fil social, une vidéo démarre souvent sans le son et se joue en quelques secondes : l'information qui n'est pas écrite à l'écran n'existe pas. Le bandeau y sert désormais autant à nommer une personne qu'à annoncer un chapitre, une étape ou un chiffre. Il a simplement changé de place, remonté plus haut dans le cadre, pour une raison très concrète exposée plus bas.
L'anatomie d'un lower third en six pièces
Un bandeau qui fonctionne se décompose toujours de la même façon, quel que soit son style graphique. Six éléments, dont deux seulement sont obligatoires. Les ajouter tous par défaut est l'erreur la plus courante : chaque pièce supplémentaire prend de la place sur l'image et du temps de lecture au spectateur.

- La ligne de nom : le texte dominant, deux ou trois mots. C'est la seule information que la majorité du public retiendra, donc elle passe en premier et en plus gros.
- La ligne de fonction : le rôle, le lieu ou la date, sur une seule ligne. Elle explique pourquoi cette personne a le droit de parler du sujet.
- Le fond : une teinte pleine ou fortement assombrie derrière le texte. C'est lui qui garantit la lisibilité quand l'image change de luminosité en cours de plan.
- La barre d'accent : un trait vertical ou horizontal aux couleurs de la marque. Elle porte la couleur pour que le texte n'ait pas à la porter.
- La signature de marque : logo ou nom de compte, facultatif, posé à l'opposé du bandeau plutôt que collé contre lui.
- La marge de sécurité : le cadre invisible dont rien de lisible ne sort. C'est la pièce qu'on oublie, et celle qui coûte le plus cher à la publication.
La hiérarchie entre les deux lignes de texte décide de la lisibilité plus sûrement que la police choisie. Comptez un rapport de taille d'au moins 1,8 entre la ligne de nom et la ligne de fonction. En dessous, l'œil ne sait plus par où commencer et lit les deux lignes comme un seul bloc gris.
Où le poser exactement, et pourquoi pas tout en bas
Tiers inférieur ne veut pas dire collé au bord bas. La production vidéo travaille depuis toujours avec des zones de sécurité : la recommandation SMPTE RP 218, qui sert de référence de zones de sécurité en production haute définition, place le texte à l'intérieur d'environ 90 % de la largeur et de la hauteur du cadre. Traduit en pratique, cela donne une marge d'environ 5 % sur chaque bord, en dessous de laquelle rien de lisible ne descend. Ce repère vaut aussi pour les autres éléments d'habillage, et notre revue des formats et des ratios par plateforme donne les dimensions correspondantes.

En vertical, la contrainte se durcit, parce que l'application ajoute ses propres éléments par dessus votre image : nom du compte, légende, boutons de partage. La bande réellement disponible se situe donc nettement au dessus du bord bas. Une deuxième règle de même nature s'ajoute : le bandeau et les sous-titres ne partagent jamais la même ligne. Si vos sous-titres occupent déjà cette zone, remontez le bandeau d'un cran ou décalez les sous-titres, comme le détaille notre méthode pour incruster des sous-titres qui tiennent sur toutes les plateformes.
Sept modèles qui couvrent presque tous les besoins
Les catalogues proposent des centaines de variantes, mais elles se ramènent à sept intentions. Choisir un modèle revient donc à choisir ce que le bandeau doit dire, pas à choisir un style à la mode. Ces sept formes se dessinent avec les mêmes réglages, seul leur contenu change.
- Le bandeau d'identité : nom et fonction. Le modèle par défaut d'une interview, d'un témoignage ou d'une prise de parole face caméra.
- Le bandeau de lieu : ville, pays ou date. Il sert de repère dans un reportage ou une vidéo de voyage, et se pose souvent seul, sans deuxième ligne.
- Le bandeau de chapitre : le titre de la section en cours. Il structure un tutoriel long et évite au spectateur de se demander où il en est.
- Le bandeau de chiffre : une donnée isolée en très gros, avec sa source en petit dessous. La ligne du bas porte alors l'attribution, jamais un commentaire.
- Le bandeau de citation : une phrase courte entre guillemets, suivie de son auteur. Deux lignes au maximum, sinon vous fabriquez une carte de texte, pas un lower third.
- Le bandeau de rappel : la même identité réaffichée plus tard, en version raccourcie. Le nom seul suffit à la deuxième apparition.
- Le bandeau d'action : un appel discret, un nom de compte ou une adresse. À réserver aux dernières secondes, et à ne jamais superposer à un autre bandeau.
Le minutage : trois temps, et un rappel plus court
Un bandeau se pense comme une phrase parlée : il entre, il dure, il sort. Le temps du milieu est celui que tout le monde rogne, et c'est le seul qui décide de quelque chose. La méthode la plus fiable consiste à lire le contenu à voix basse, deux fois, et à retenir cette durée. Un nom accompagné d'une fonction demande environ quatre secondes d'immobilité. L'entrée tient autour de quatre dixièmes de seconde, la sortie autour de trois, parce que personne ne regarde un bandeau partir. Les familles d'entrées et de sorties disponibles sont exactement celles de n'importe quel texte animé, et notre inventaire des effets de texte animé explique ce que chacune raconte.

Deux repères s'ajoutent à ce trio. Le bandeau apparaît dans les trois secondes qui suivent la première phrase de la personne, jamais avant qu'elle ne commence à parler, sinon le spectateur associe le nom au plan précédent. Et sur une vidéo longue, une seconde apparition du même bandeau se justifie toutes les deux à trois minutes, en version raccourcie : le nom seul, deux secondes, sans la ligne de fonction.
Typographie, contraste et couleur
Un bandeau illisible reste un plan raté, quelle que soit l'élégance de son animation. Trois contraintes passent avant tout choix esthétique. La taille d'abord : la ligne de nom ne descend pas sous 4 % de la hauteur de l'image, la ligne de fonction pas sous 2,2 %. Le contraste ensuite : les règles d'accessibilité WCAG fixent un rapport d'au moins 4,5 pour 1 entre un texte et son fond, ce qui suppose un fond plein ou nettement assombri derrière les lettres, jamais un simple flou. La graisse enfin : une police moyenne ou grasse tient sur une image en mouvement, une police fine s'efface. Les mêmes arbitrages gouvernent les sous-titres, et notre comparatif des polices de sous-titrage donne les valeurs format par format.
La couleur se traite à l'envers de l'intuition. Le texte reste blanc ou presque noir, et c'est la barre d'accent, le liseré ou le fond qui porte la couleur de la marque. Un texte coloré posé sur une image devient illisible dès que le fond change de teinte, ce qui arrive à chaque changement de plan. Une seule couleur d'accent par vidéo suffit, et elle gagne à être reprise dans vos autres éléments d'habillage pour que l'ensemble se tienne.
Fabriquer un lower third dans un éditeur en ligne
L'éditeur en ligne d'EasyVids fonctionne dans le navigateur et reste gratuit avec un compte. Le chemin le plus court passe par un simple élément de texte : vous l'ajoutez, vous activez son fond dans les réglages de style, puis vous ajustez le rayon des coins et les marges intérieures. Vous obtenez déjà un bandeau propre sans avoir dessiné la moindre forme. La galerie de styles contient d'ailleurs un préréglage de sous-titrage télévisé, fond noir à opacité partielle et coins nets, qui constitue un point de départ honnête pour une identité sobre.
Pour la version à deux lignes, superposez deux éléments de texte, puis ajoutez un rectangle étroit en guise de barre d'accent : les formes de base, rectangle, ellipse, polygone et étoile, se règlent en couleur, en contour et en arrondi. L'onglet Animation applique ensuite une entrée et une sortie distinctes sur chaque élément, sans que l'une remplace l'autre. Une fois l'ensemble calé, le raccourci de duplication le recopie tel quel pour l'intervenant suivant : vous ne changez plus que le texte. La grille en tiers et les repères de sécurité par plateforme aident à fixer la hauteur du bloc. Le reste du fonctionnement est décrit dans notre guide du montage vidéo en ligne, et le détail des formules se trouve sur la page des tarifs.
Une précision d'honnêteté s'impose ici. Nous développons par ailleurs un moteur qui fabrique des vidéos animées directement par code, où le bandeau bas fait partie des compositions écrites plan par plan ; cette brique n'est pas encore ouverte à tous les comptes. Et l'export d'un bandeau seul sur fond transparent, réutilisable dans un autre logiciel de montage, ne fait pas partie de ce que l'éditeur propose aujourd'hui. Mieux vaut le dire que le laisser découvrir.
Les erreurs qui trahissent un bandeau amateur
Une vidéo qui fait amateur le doit rarement à un défaut technique. Six habitudes reviennent sans cesse, et toutes se corrigent en quelques minutes.
- Un bandeau affiché pendant tout le plan : au delà de six secondes, il cesse d'informer et devient un élément d'interface.
- Trois lignes de texte au lieu de deux : la troisième n'est presque jamais lue, et elle écrase la hiérarchie des deux premières.
- Un texte collé au bord bas, qui passe sous l'interface de l'application dès la publication.
- Une police fine sur un fond transparent : lisible dans l'aperçu, invisible sur un plan clair.
- Un style différent à chaque intervenant, alors que la répétition du même bandeau est précisément ce qui fait sérieux.
- Un bandeau qui entre pendant que les sous-titres changent : deux mouvements simultanés dans la même zone, et plus rien n'est lu.
Questions fréquentes
Quelle est la traduction française de lower third ?
Aucune traduction ne s'est vraiment imposée. On parle de bandeau, de bandeau d'identification, de synthé sur un plateau, ou d'incrustation nom et fonction en montage. Le terme anglais reste le plus compris dans les logiciels, où les catalogues d'effets le rangent presque toujours sous son nom d'origine.
Combien de temps un lower third doit-il rester à l'écran ?
Le temps de lire son contenu deux fois, ce qui donne environ quatre secondes pour un nom accompagné d'une fonction. En dessous de trois secondes, une partie du public n'a pas fini. Au delà de six, le bandeau encombre l'image sans plus rien apprendre à personne.
Faut-il un lower third sur une vidéo verticale ?
Oui, à condition de le remonter. Le bas du cadre appartient à l'application, pas à votre vidéo. Prévoyez une zone utile qui commence nettement au dessus du bord, et gardez une marge du côté où se trouve la colonne de boutons de partage.
Peut-on animer un lower third sans logiciel professionnel ?
Oui. Un élément de texte avec un fond, une entrée et une sortie choisies dans un catalogue d'animations couvrent la quasi-totalité des besoins. Un logiciel d'animation garde son intérêt pour un habillage de marque complexe, pas pour identifier un intervenant proprement.
Où placer le bandeau quand la vidéo a déjà des sous-titres ?
Au dessus d'eux, avec un écart d'au moins la hauteur d'une ligne de sous-titre. Si l'espace manque, décalez les sous-titres vers le haut pendant la durée du bandeau plutôt que de les laisser se croiser. Deux blocs de texte superposés au même endroit restent illisibles, même pendant une demi-seconde.
Reprenez votre dernière vidéo et cherchez le moment où quelqu'un prend la parole sans avoir été présenté. Posez-y un bandeau de deux lignes, quatre secondes, entrée courte et sortie plus rapide. C'est la modification la plus visible que vous puissiez faire en dix minutes, et elle se voit dès la première lecture sur un téléphone. Créer un compte ouvre l'éditeur et sa galerie de styles de texte, et le studio EasyVids réunit au même endroit l'écriture, les visuels, la voix off et le montage de la vidéo qui portera ce bandeau.
