Vous arrivez à l'export, et l'outil vous demande une cadence : 24, 30 ou 60. Le fps vidéo, pour frames per second, désigne le nombre d'images fixes affichées chaque seconde. Le réglage a l'air anodin, coincé entre la résolution et le format de fichier. Il décide pourtant de trois choses très concrètes : la façon dont vos mouvements sont perçus, le poids du fichier final, et le travail que la plateforme devra faire sur votre vidéo avant de la diffuser.
La plupart du temps, laisser la valeur par défaut reste le bon réflexe. Le problème surgit quand une vidéo saccade sans raison apparente, quand un ralenti ressemble à une suite de photos, ou quand un fichier double de poids alors que l'image n'a pas bougé. Dans ces trois cas, la cadence est presque toujours en cause. Ce guide passe en revue les valeurs que vous croiserez, ce que chacune apporte, et les rares situations qui justifient de sortir du standard. Pour les dimensions, les ratios et les durées, qui obéissent à d'autres logiques, notre guide des formats vidéo par plateforme complète cette fiche.
La réponse courte
Exportez à 30 images par seconde. C'est la valeur qui passe partout sur le web, celle que produisent la plupart des téléphones et des studios en ligne, et celle qui évite une conversion à l'arrivée. Descendez à 24 quand vous cherchez le rendu d'un film de fiction. Choisissez 25 si votre vidéo part vers un diffuseur en zone 50 Hz. Montez à 60 uniquement pour du mouvement rapide et continu : sport, jeu vidéo, capture d'écran, panoramique large. Au dessus, 120 images par seconde est une cadence de tournage, jamais une cadence de publication.
Ce que mesure vraiment une cadence d'images
Une vidéo n'est qu'une suite d'images fixes défilant assez vite pour que le cerveau y lise un mouvement continu. La cadence dit combien d'images composent une seconde. À 30 images par seconde, une nouvelle image apparaît toutes les trente-trois millièmes de seconde environ. À 60, toutes les seize millièmes. Le sigle fps et la mention p que vous voyez parfois accolée à une résolution ne parlent pas de la même chose : le p indique un balayage progressif, où chaque image est complète, par opposition à l'entrelacement hérité de la télévision.
Deux idées fausses reviennent sans cesse. La première veut que l'oeil cesse de percevoir quoi que ce soit au dessus d'un certain nombre d'images. La perception ne fonctionne pas comme un compteur : la sensation de fluidité dépend autant du flou de mouvement présent dans chaque image que de leur nombre. La seconde veut qu'une cadence élevée donne une image plus nette. C'est faux également. La netteté d'un plan vient de la résolution, de la mise au point et du débit alloué à l'encodage, pas du nombre d'images par seconde.

24 images par seconde, la cadence du récit
Les normes de projection en salle retiennent 24 images par seconde depuis la généralisation du cinéma parlant, à la fin des années 1920. Ce nombre n'a rien de magique : il correspondait au minimum acceptable pour transporter une bande son de qualité sur de la pellicule, sans gaspiller de la matière. Un siècle plus tard, le public a associé cette cadence à la fiction. Une vidéo à 24 images par seconde est immédiatement lue comme un film, alors que la même scène à 60 est lue comme une captation.
Ce rendu tient surtout au flou de mouvement. En prise de vues, la règle dite de l'obturateur à 180 degrés veut que le temps de pose vaille la moitié de la durée d'une image, soit environ un quarante-huitième de seconde à 24 images. Chaque image conserve alors une traînée légère qui lie les mouvements entre eux. Sans ce flou, une cadence basse devient saccadée. C'est pourquoi une animation image par image, une capture d'écran ou un texte qui défile supportent mal les 24 images par seconde : rien ne relie une image à la suivante.
25 et 30 images par seconde, l'héritage de la diffusion
Les deux valeurs suivantes viennent de la télévision analogique, et plus précisément de la fréquence du courant électrique. Les zones alimentées en 50 Hz ont adopté 25 images par seconde, les zones en 60 Hz sont parties sur 30, ramenées à 29,97 lors du passage à la couleur pour laisser place au signal de chrominance. Cette valeur bancarde de 29,97 se rencontre encore dans les fichiers exportés par des caméras et des logiciels de montage professionnels, et un éditeur sérieux la distingue du 30 exact.
Le 25 reste utile dans un cas précis : une vidéo destinée à une diffusion télévisée ou à une projection sur un équipement calé en 50 Hz. Il évite aussi le scintillement quand vous filmez sous un éclairage alimenté à cette fréquence. Le 30, lui, est devenu le standard de fait du web : c'est la cadence par défaut de la majorité des téléphones en mode vidéo classique, et celle vers laquelle convergent les studios en ligne. Sur notre chaîne de montage automatique, tous les plans sont ramenés à 30 images par seconde avant l'assemblage, précisément pour qu'aucun raccord ne trahisse un changement de cadence.
60 images par seconde, le mouvement rapide et rien d'autre
Doubler la cadence sert quand le mouvement est rapide, continu et important pour la compréhension. Une action sportive, une partie de jeu vidéo, un déplacement de caméra rapide, une démonstration de logiciel où le curseur doit rester lisible : dans ces cas, 60 images par seconde apportent un gain réel. Le spectateur suit mieux, et les détails en mouvement restent identifiables. La plupart des écrans se rafraîchissant soixante fois par seconde, une vidéo à cette cadence s'affiche image pour image, sans aucun ajustement.
Pour tout le reste, le gain est nul ou négatif. Une vidéo parlée, un tutoriel, une narration illustrée n'ont rien à gagner à 60 images par seconde. Pire, cette fluidité extrême produit ce qu'on appelle l'effet soap opera : l'image perd sa texture de film et prend l'aspect d'un reportage télévisé. Beaucoup de créateurs choisissent 60 en croyant obtenir une meilleure qualité, et obtiennent surtout un fichier deux fois plus lourd pour un rendu qu'ils n'aimaient pas.

Une cadence élevée ne rattrape jamais une image floue
La confusion entre fluidité et netteté coûte beaucoup de temps perdu. Une vidéo peut être parfaitement fluide et rester molle, parce que la mise au point était approximative ou que la compression a mangé les détails. À l'inverse, une vidéo très nette peut sembler saccadée si la cadence ne colle pas au mouvement filmé. Ce sont deux réglages indépendants, et il faut traiter le bon. Quand le rendu manque de piqué, les causes se cherchent ailleurs, comme le détaille notre inventaire des causes d'une vidéo floue.
Le cas des vidéos produites par des modèles génératifs mérite une mention à part : la douceur excessive de certains plans vient du modèle et de sa résolution de sortie, pas de la cadence, et augmenter cette dernière ne fera qu'alourdir le fichier. Nous avons rassemblé les réglages qui comptent vraiment dans notre guide sur les vidéos IA qui manquent de netteté.
Le vrai coût des 60 images par seconde
Doubler la cadence, c'est doubler le nombre d'images à encoder. À qualité visuelle comparable, le débit nécessaire augmente nettement, donc le fichier grossit, l'export prend plus de temps et le téléversement aussi. Sur une vidéo longue, la différence devient sensible, et elle se paie au moment le moins pratique : quand vous voulez publier. Si le fichier finit par dépasser les limites d'envoi de votre messagerie ou de votre espace de stockage, nos solutions pour une vidéo trop lourde donnent les bons arbitrages.
- Un fichier plus lourd à stocker, à sauvegarder et à envoyer.
- Un temps d'export plus long, puisqu'il y a deux fois plus d'images à fabriquer.
- Un téléversement plus lent, surtout sur une connexion modeste.
- Aucun gain de netteté : la résolution et le débit s'en chargent, pas la cadence.
- Un rendu moins cinématographique sur les contenus narratifs.
Le piège des conversions de cadence
Le vrai danger n'est pas de choisir la mauvaise valeur, c'est d'en changer en cours de route. Poser un plan filmé à 60 images par seconde dans un projet réglé sur 30 revient à jeter une image sur deux, ce qui passe généralement inaperçu. L'inverse est plus visible : un plan à 24 dans un projet à 30 oblige le logiciel à dupliquer certaines images à intervalles irréguliers, et le mouvement prend une démarche boiteuse que l'on repère surtout sur les panoramiques lents. Les conversions entre 25 et 30 posent le même problème.

La règle est donc simple : décidez de la cadence au moment de créer le projet, pas au moment d'exporter. Choisissez celle de vos sources principales, et importez le reste en sachant qu'il sera ajusté. Un éditeur correct lit la cadence réelle de chaque fichier au moment de l'import, ce qui vous permet de vérifier avant de monter plutôt que de découvrir le problème à la lecture. Méfiez vous aussi des outils qui promettent de faire passer une vidéo de 30 à 60 images par seconde après coup : ils inventent les images manquantes par interpolation, et cela se voit sur les contours des sujets en mouvement.
Ce que les plateformes font de votre cadence
D'après la page d'aide de YouTube consacrée aux paramètres d'encodage recommandés, dans sa version consultée en 2026, les cadences courantes acceptées sont 24, 25, 30, 48, 50 et 60 images par seconde, et la recommandation officielle est de téléverser le contenu à la cadence à laquelle il a été enregistré, sans conversion préalable. La même page demande de désentrelacer les contenus issus de sources entrelacées avant l'envoi. Autrement dit, la plateforme préfère votre cadence d'origine à une cadence retouchée pour lui plaire.
Retenez aussi que chaque service ré-encode ce que vous lui envoyez pour en produire plusieurs qualités de lecture. Votre fichier n'est jamais diffusé tel quel. Sur les plateformes verticales, les spécifications publiées portent avant tout sur la résolution, le ratio et le poids : la cadence n'y est pas un critère de mise en avant, et aucun algorithme connu ne favorise une vidéo parce qu'elle est en 60 images par seconde. Publier à 30 reste le choix neutre, celui qui ne demande aucun traitement particulier.
La cadence dans une vidéo générée par IA
Les modèles de génération vidéo livrent des clips à la cadence qui leur est propre, souvent 24 ou 30 images par seconde selon le modèle et la durée demandée. Si vous assemblez vous même des plans venus de plusieurs modèles, vous obtenez un montage aux cadences hétérogènes, et les raccords en souffrent. C'est la raison pour laquelle notre montage automatique normalise chaque plan avant assemblage : même cadre, même cadence, même format audio. Ce travail de mise en conformité fait partie de la chaîne de production décrite dans notre guide du générateur vidéo IA.
Une conséquence pratique mérite d'être connue : sur un plan généré, augmenter la cadence après coup n'ajoute aucune information. Le modèle a produit un nombre d'images fini, et tout le reste est interpolé. Si vous voulez un mouvement plus fluide, il vaut mieux redemander un plan plus court avec un mouvement plus lent que d'essayer de fabriquer de la fluidité à l'export.
Régler la cadence dans un studio en ligne
Dans l'éditeur EasyVids, la cadence est un réglage du projet, pas de l'export. Elle se trouve dans le panneau des réglages, onglet des informations du projet, à la ligne Images par seconde, avec le choix entre 24, 25, 30, 60 et 120. La valeur par défaut est 30. L'export fabrique ensuite le fichier image par image à cette cadence exacte, ce qui garantit que la vidéo livrée correspond au réglage affiché. Si vous découvrez le montage en ligne, notre guide du montage vidéo dans le navigateur reprend l'interface pas à pas.
- Ouvrez les réglages du projet avant de poser vos premiers plans.
- Choisissez la cadence de vos sources principales, ou 30 en cas de doute.
- Importez vos médias : leur cadence réelle est lue à l'import.
- Montez, puis exportez sans revenir sur le réglage.
- Gardez la même cadence pour toutes les déclinaisons d'une même vidéo.
Pour un ralenti, la marche à suivre est différente. La fluidité d'un ralenti se fabrique à la source : un plan filmé à 60 ou 120 images par seconde contient assez d'images pour être étiré sans à-coups. Dans l'éditeur, le panneau de vitesse permet ensuite de ralentir ou d'accélérer un élément, avec des repères de 0,25 fois à 4 fois la vitesse normale et la possibilité de conserver la hauteur de la voix. Un plan tourné à 30 images par seconde ralenti de moitié n'affiche plus que quinze images utiles par seconde : le résultat saccade, quelle que soit la cadence d'export.
Questions fréquentes
Faut-il exporter en 24 ou en 30 images par seconde pour YouTube ?
Les deux sont acceptés. Exportez à la cadence de vos sources : 24 si vos plans ont été tournés ou générés à 24, 30 dans tous les autres cas. La page d'aide de YouTube sur l'encodage recommandé demande explicitement de conserver la cadence d'enregistrement plutôt que de la convertir avant le téléversement.
Le 60 images par seconde améliore-t-il la qualité d'une vidéo ?
Non, pas au sens où on l'entend en général. Il améliore la fluidité des mouvements rapides et rien d'autre. La qualité perçue vient de la résolution, du débit d'encodage, de l'éclairage et du cadrage. Sur une vidéo parlée ou une narration illustrée, passer à 60 alourdit le fichier sans bénéfice visible.
Peut-on mélanger des plans de cadences différentes dans un même montage ?
Oui, tous les éditeurs le permettent, et chaque plan est ajusté à la cadence du projet. Les descentes se passent bien, les montées beaucoup moins : un plan à 24 dans un projet à 30 donne un mouvement légèrement irrégulier. Quand vous avez le choix, uniformisez vos sources plutôt que de compter sur la conversion.
Quelle cadence choisir pour un ralenti réussi ?
Filmez ou générez à 60 images par seconde au minimum, 120 si votre appareil le permet, puis ralentissez au montage et exportez à la cadence de publication habituelle. C'est le seul cas où une cadence élevée sert vraiment, et elle sert à la prise de vues, pas à la diffusion.
Pourquoi ma vidéo saccade-t-elle alors qu'elle est en 60 images par seconde ?
Trois causes reviennent : une conversion de cadence quelque part dans la chaîne, un débit d'encodage trop faible pour le nombre d'images, ou une lecture sur un appareil qui n'arrive pas à suivre. Vérifiez d'abord la cadence réglée dans le projet, puis relisez le fichier exporté sur un autre appareil avant de conclure.
La cadence est un réglage qu'on ne devrait toucher qu'en connaissance de cause : 30 par défaut, 24 pour raconter, 60 pour montrer du mouvement, et surtout une seule valeur du début à la fin du projet. Le reste de la qualité se joue ailleurs, dans l'écriture, le cadrage et le montage. Pour tester ces réglages sur un vrai projet, la création d'un compte ouvre l'atelier complet, et le studio EasyVids réunit la génération, le montage et l'export au même endroit.
